Sujet : Un bain d'or pour des étoiles

EXPOSITION «Cinema Italia», de Piergiorgio Baroldi, est un ensemble d'œuvres à découvrir à Luxembourg à la bibliothèque de l'Institut italien de culture et au bâtiment Jean-Monnet du Kirchberg.

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C'est dans un monde doré et monochromatique que le peintre italien Piergiorgio Baroldi plonge les stars du cinéma transalpin. Un monde (presque) sans arrière-plan qui semble laisser les différents modèles de l'artiste éternellement sous les projecteurs de la gloire. Plongée dans un pan entier de l'histoire de Cinecittà.

Tout ce qui brille n'est pas or, dit le dicton populaire. L'or pourtant, voire sa seule couleur, donne une certaine noblesse aux modèles peints par le vénitien Piergiorgio Baroldi. Qu'il s'agisse de sa série sur les stars de cinéma italienne qu'il présente en ce moment à Luxembourg en collaboration avec l'Institut italien de culture, ou dans ses précédentes séries sur Sigmund Freud ou même sur les ouvriers de Porto Marghera à Venise, sa toute première exposition, l'or brille et permet aux modèles de l'artiste de briller avec lui.
Cet expert comptable spécialisé dans les secteurs touristique, culturel et environnemental, a décidé de se consacrer à la peinture à l'aube de la cinquantaine, en 2003. Une peinture simple, monochrome, toujours réalisée à partir d'images photographiques. «La peinture est une passion de jeunesse, qui a fini enfin, par trouver un peu de place dans mon emploi du temps professionnel», explique l'artiste.
De fil en aiguille, en poursuivant ses expérimentations de portraits monochromes sur fond doré - hommage avoué de l'auteur à son maître spirituel Gustav Klimt -, Piergiorgio Baroldi est arrivé à mêler son or aux étoiles du cinéma italien. Son exposition «Cinema Italia» est née en 2008, en collaboration et pour le récent festival international du Film de Rome. Aveu de l'artiste. «Je n'avais jamais imaginé travailler sur le cinéma mais la passion de certains amis qui travaillaient pour le festival, m'a contaminé.»
L'exposition est depuis en constante évolution. Les stars de sa toute première série : Sophia Loren, Anna Magnani, Giorgio Albertanzi ou encore celles des duos composés de Fernandel (Don Camillo) et Gino Cervi (Peppone) et puis celui regroupant Vittorio Gassman et Jean-Louis Trintignant tiré du film Il Sorpasso de Dino Risi (1962) ont été rejointes, depuis, par de nombreux autres grands noms du 7e Art transalpin : Toto, Alberto Sordi, Ugo Tognazzi, Aldo Fabrizi, Pierpaolo Pasolini, Gil, Roberto et Isabella Rossellini, mais aussi des stars aux formes généreuses : Gina Lollobrigida, Claudia Cardinale, Sandra Milo, Monica Bellucci et même Anita Ekberg dans sa scène inoubliable de La Dolce Vita dans la Fontana di Trevi. Tout dernièrement c'est Tinto Brass, le réalisateur phare du cinéma érotique italien, et sa nouvelle muse Caterina Varzi qui ont rejoint cette belle galerie de portraits.

Rome, Venise... Villerupt et Luxembourg

«Je cherche toujours dans les photos de départ de mes œuvres, des expressions qui sortent de l'habitude», souligne Piergiorgio Baroldi. Il retravaille ensuite ses modèles au dessin, en monochromie avant de les entourer d'un fond uni et doré qui ne noie pas le modèle, mais au contraire le fait ressortir illuminé au premier plan. Le contraste semble également renvoyer le personnage à l'époque même où a été prise la photo initiale.
Et c'est avec cette même technique que l'artiste compte dépasser les frontières de la Péninsule pour s'attaquer aux stars internationales. «Le choix est vaste, note-t-il, et je n'ai pas encore tout à fait décidé quels portraits réaliser. Mais je dois dire qu'Angelina Jolie m'inspire beaucoup dans tous les sens du terme», sourit-il.
En attendant, après les débuts au festival de Rome en 2008 et un passage remarqué à la Mostra de Venise cette année, l'exposition a déjà quitté le sol italien. D'abord pour Villerupt, pendant toute la durée du festival, et désormais pour notre capitale. Preuve, s'il en fallait, que la manifestation peut se suffire à elle-même et n'a pas obligatoirement besoin d'un festival de cinéma à ses côtés pour exister.
Les tableaux de Baroldi sont à découvrir en partie dans le Grund, à la bibliothèque de l'Institut italien de culture et, en partie, au Kirchberg dans le bâtiment Jean-Monnet de la Commission européenne jusqu'au 15 décembre; avant un probable départ vers Londres.

Institut culturel italien-Luxembourg. Jusqu'au 15 décembre 2009.

Article de Pablo Chimienti paru le 20/11/2009 sur http://lequotidien.editpress.lu

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